21.11.2009

Novembre et son emprise

vigne vierge.jpg

La vigne vierge a rougi

Sur les murs du logis

Novembre étend son emprise

Par d’interminables journées grises

 

Pauvre mois des morts

Et des regrets éternels

Frilosité des corps

Et des manques charnels

 

Un mal aimé du calendrier

Sans attrait ni clarté

Sans festivité

Ni frivolité

20.11.2009

Tritag

Trois blogueurs (Vincent, Mimik, puis Hélène) m'ont tour à tour fait la surprise de décerner un prix à mon blog, et je les en remercie chaleureusement. Cela s'accompagne d'un petit gage : dire 7 choses sur moi qur je n'ai pas encore dites ici !

-         J’ai appris le russe en 2ième langue, par amour pour la culture slave (littérature et musique), mais surtout pour me différencier. Résultat : j’ai eu une première prof qui était darbyste (secte du protestantisme), la deuxième était trotskiste, celle qui m’a fait passer l’oral du bac était je ne sais quoi….mais a dit que je m’étais bien débrouillée, alors que je ne travaillais pas mon russe :o)

-         Je faisais mes dissertations de français, l’oreille collée au poste de radio durant les matchs de foot de l’ASSE en coupe d’Europe.

-         J’avais un chien cocker lorsque j’étais enfant, il était très « spécial », car il mangeait n’importe quoi : tout ce que mange un chien, mais il raffolait aussi des carottes crues, du pamplemousse, des allumettes grillées, et du papier WC !!!

-         Mon premier amoureux a fait la mini-transat en double sur un voilier de 6,50m.

-         J’ai été traitée « d’hybride de mère Thérésa et de Rosa Luxembourg » par l’ex sous-directeur de la CAF de Nantes.

-         Je suis née quelques minutes après l’assassinat de Kennedy. Mais ça, je l’ai déjà dit, et écrit, mais pas sur ce blog ci :o)

-         Je suis folle de chocolat noir, au risque parfois d’en descendre une tablette entière dans la journée :o)

18.11.2009

A un résistant

La mort d’André Lermite

Et de sa femme Marguerite

 

 

Toi, André qui est mort dans un camp

Parce que tu étais résistant.

 

Ta femme et ton enfant ne t’avaient plus à leurs côtés

Tu étais de toutes leurs pensées.

 

Avant tu voyais rire les enfants

Tu les instruisais, ils te prenaient pour un savant.

 

Ta femme Marguerite est morte un an après toi,

Vous auriez tellement souhaité partager le même toit

Dans un monde où l’amour ne cesse d’exister,

Où aucune guerre ne risque d’éclater.

 

Ton fils, lui, a survécu,

A cette guerre commencée par un coup de feu incongru.

 

La mort dans l’âme à partir de 3 ans,

Il ne verra plus jamais ses parents.

 

 

Danseuse De Lune

 

(Ma fille, âgée de 10 ans, a écrit ce poème sur l'intituteur dont son école primaire porte le nom, jeune résistant communiste déporté à Auschwitz, sa femme résistante aussi a été déportée une année plus tard. Elle a lu ce texte lors de la commémoration à la mairie de Nantes le 16/10/2009 du 68ième anniversaire des otages de Nantes et de Chateaubriand fusillés par les nazis, avec toute sa classe de CM2, et en présence de résistants. Les enfants ont lu et chanté des textes de Aragon, Eluard, Primo Lévi, et bien d'autres)

17.11.2009

L'affiche rouge

affiche rouge.jpg

Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erevan

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant

 

 Louis Aragon

 

(texte que m'a fille a appris pour son thème de travail en CM2 sur la Résistance, l'illustration est l'affiche de propagande nazie contre le groupe Manoukian lors de son exécution)

16.11.2009

Liberté

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Liberté de caractère

Sans contrainte ni barrière

Liberté hors des frontières

Sans peur de l’enfer

 

Quoi qu’il en coûte

Quel que soit le regard porté

Malgré les doutes

Et les coups esquivés

 

Liberté d’être soi-même

Faisant fi des anathèmes

Liberté des plus suprêmes

Quitte à être hors thème

 

Sous les crachats les quolibets

Sous les hourras les sobriquets

Sans les honneurs sans les regrets

Sans la fadeur sans les trophées

 

Libre jusqu’à en être libertaire

Libre jusqu’à en être solitaire

D’opinions

De comportements et de ton

 

Liberté j’écris ton nom

Disait le poète

Liberté je gueule pour de bon

Et je m’entête

 

Mais il est plus facile d’être révolutionnaire

Si on n’a pas de révolution à faire

Autre qu’un débat d’idées

Et de joutes bien amenées

 

Que ferais-je si j’étais opprimée

Dans une funeste société

Dans un temps plus compliqué

Lors d’une période de danger

 

Lutterais-je jusqu’à la mort

Pour cette liberté

Oserais-je encore plus fort

Jusqu’à cette humanité

 

Sincèrement je ne sais pas

Si je serais autant pasionaria

Si ma vie était en jeu

Irais-je au feu

 

Je suis libre dans ma tête

Mais ferais-je moins la forte tête

Si les miens risquaient d’être incarcérés

Ou pire déportés

 

(écrit pour le thème hebdomadaire des Impromptus)

14.11.2009

J'm'encroûte ?

explosion-nucleaire11.jpg

 

 

 

 

 

Tu trouves que j’m’encroûte

T’as p’t’être raison

Faut que j’me boute

Hors d'ma saison

 

Pour pas déstabiliser

Le nucléaire qui ferait tout péter

Il attend qu’ça de fragmenter

Un joli cratère dans mes idées

 

Pas facile de tenir en laisse

Une pareille kermesse

Atome et à tu

A ions et à cru

 

J’voudrais pas partir en vrille

A ce jeu saugrenu

J’gagnerais pas une bille

Et toucherais pas mon dû

13.11.2009

L'homme seul

est le dernier billet publié sur mon autre blog L'arbre à liens !

11.11.2009

L'instant rêvé

danseuses.jpg

Quelques grammes, presque irréels

Juste vêtue de cette dentelle

Exposée, frêle et rebelle

Attend la jeune demoiselle

 

L’enfant à la peau velours doré

Au milieu du cercle de l’été

Tendue vers l’instant rêvé

Où elle pourra s’élancer

 

Enroulée dans un voile transparent

Les yeux étincelants

Tous ses sens guettent ardemment

L’instant de se mettre en mouvement

 

Un son lent puissant

Lance le corps en avant

Déboule, déboule, palpitant

Saute, saute, fascinant

 

Jambes graciles cependant agiles

Bras et mains légers habiles

Nous entraînent bien loin de la ville

Sa danse est devenue notre île

 

L’enfant charmante innocente

Nous emmène hypnotique envoûtante

Dans ses volutes méandres fascinantes

Presque femme si puissante

 

Sa danse est sa vie

Sa sève énergie

Son rêve d’éternité

Soulève son voile d’été

 

(texte écrit le 4/12/2006 pour le thème des Impromptus : "Quelques grammes de dentelle")

09.11.2009

Un étrange équipage

texte écrit pour la consigne hebdomadaire des Impromptus est en ligne sur mon autre blog L'arbre à liens !

08.11.2009

Livre de comptes

livre_de_comptes.jpg

Prévisionnel, décisionnel

Charges objectives et réelles

Rien n’est tangible dans le personnel

Quand il s’agit de blessure originelle

C’est une autre charge que nous portons

Au livre des comptes familiaux, l’addition !

 

Pas droit à l’exonération de fait

La taxe est au forfait

Suicide par pendaison

Héritage en spoliation

Adultère polisson

Le compte est bon !

 

A quel taux calculer

Une telle valeur ajoutée

Qui fixera le prix

Du pretium doloris

Qui se paie toute une vie

Et même parfois pis !

 

L’humain ne se quantifie pas

On ne pèse pas ses ébats

Il doit faire avec ses dégâts

On en est tous là ici bas

Vois dans quel état 

Et va !

07.11.2009

Telle une amante lasse

est le dernier billet publié sur mon autre blog L'arbre à liens !

04.11.2009

Voleur de nuit

Folon_lune_sac.jpg

Je m’en allais

La lune sous le bras

En écharpe serrée

Comme une attelle en bois

 

J’avais remisé

Toutes mes pensées

Dans son tissu tressé

De rêves et de folles idées

 

Je me sentais

Voleur de nuit

Retenant la vie qui fuit

En secret

02.11.2009

Décrocher la lune

amérindienne.jpg

Je me sentais louve de la nuit

En communion avec les esprits

Je criais en courant sur la dune

Que je pourrais décrocher la lune

 

Afin de vivre l’instinct sauvage

Des temps anciens

Afin de retrouver le passage

Vers demain

 

Je me suis mise à genou

Levant bien haut mon cou

J’ai regardé vers l’astre fou

Afin qu’il tombe dans la boue

 

Je voulais ramener les gens

De mon clan

Qui avaient migré là-bas un soir de vent

Je voulais les savoir vivants

 

Seule la poussière m’a répondue

Me laissant éperdue

Quelques pierres de lunes se sont décrochées

Sur ma peau nue elles se sont mises à briller

 

J’étais seule mais illuminée

Par leurs esprits à jamais transformés

J’étais dehors par une nuit de lune

Allongée à présent sur la dune

 

(ce texte a été écrit pour le thème hebdomadaire des Impromptus)

31.10.2009

Chez Thanatos

trois-ages-vie-de Hans Baldung.jpg

Ça grince

Ça crisse

Ça poisse

 

Mister carabosse

Est sorti de sa fosse

A mélangé de la poudre d’os

Et du rhinocéros

Afin d’alimenter son p’tit négoce

Les messes basses sont à la noce

Chez Thanatos

28.10.2009

Le chien de mon dentiste

levrier-afghan.jpgJ’me suis cassée les dents

Si souvent

Sur du ciment

Sur du méchant

 

Même une fois surprenant

Sur des nouilles, hallucinant

C’est effarant

Détartrant

 

J’ai la dent dure

C’est dans ma nature

Et ce qui est sûr

C’est que ça me rassure

 

Je suis un cas pour ma dentiste

Capricieuse comme une artiste

Ce n’est jamais triste

Lorsque j’entre en piste

 

Elle me voit terrain basique

Une racine mélancolique

Qui tourne mécanique

A la cynique

 

Le seul qui me comprend

Le seul assurément

Qui me traite élégamment

C’est son lévrier afghan

 

Nous avons comparé

Nos canines acérées

Lorsqu’il s’est avéré

Qu’il cherchait à me croquer

 

Il faut dire qu’autant que moi

Il déteste le son de la fraise et d’effroi

Se fait la dent l’air de rien

Sur un client qui a du chien

 

Je suis à son goût

Je trouve ça chou

Mais c’est pas le tout

Ca m’ fait un autre trou !

 

(un petit problème dentaire m'a donné envie de publier cet ancien texte écrit pour Les impromptus ancienne version, le 7/01/2007)

26.10.2009

A fleur de mots

Catherine-Beyler-Ecriture-ancienne-.jpg

A fleur de mots

J’écris tôt

Ou tard je m’en fous

Mais à cris et à coups

De boutoir s’il le faut

Afin de tourner la roue

Des vers sans devers

 

D’un simple plongeon

Dans l’éther

Et à force de rebonds

Je masse et je ramasse

Des idées chamarrées

Je les entrelace

Tels des amants égarés

 

Je les offre étalées

Impudiques et nues

Pas toujours ingénues

Je les donne à dépecer

Aux regards acérés

Ou à caresser

D’un geste trop pressé

 

J’en ressors apaisée

Presque soulagée

De m’être délestée

De phrases surnuméraires

Encombrant ma matière

Etouffant mes manières

Je me trouve alors plus légère

 

(texte écrit pour le thème hebdomadaire des Impromptus)

21.10.2009

Ecriture sympathique

vitamine.jpg

En mode automatique

Dans une écriture sympathique

Je m’ensommeille

De trop de nuits de veille

 

Il faudrait une dose d’adrénaline

Un cocktail de vitamines

Afin de remettre bonne mine

A ma plume thérapeutique

17.10.2009

Evasion

idylliques.jpg

Evasion dramatique

Je m’éloigne nostalgique

Vers des idées lunatiques

De celles qui piquent

 

Ai besoin d’analgésiques

De tranquillisants soporifiques

De promesses mirifiques

De rivages idylliques

15.10.2009

Dans ma besace

sac-besace.jpg

Qu’y a-t-il dans ma besace

Rien que des crevasses

Un certain nombre de crasses

Pas de celles qui s’effacent

 

Beaucoup trop de traces

Qui me remisent à la casse

Echouée à marée basse

J’attends que le temps passe

 

J’ai bien trop bu la tasse

Ballottée dans la nasse

Je suis en face à face

Avec mon manque de place

12.10.2009

Appareil photo

photographe.jpg

J’en ai marre de voir

Leurs faces endimanchées

C’est rébarbatif

Je voudrais clore mon objectif

Ne plus devoir

Travailler

 

Moi qui ne rêvais que de paysages

De couleurs d’un autre âge

Je suis cet âne à tous ces mariages

Mon pauvre ami à qui j’ai tout sacrifié

N’a pas su professionnaliser

Son art mais l’a transformé en pièce montée

 

Je me sens sous-employé

Au regard de mes mérites et qualités

Si je grille mes circuits intégrés

Ca lui fera les pieds

A ce marchand d’images pré mâchées

J’ai perdu l’envie de photographier

 

(texte écrit pour le thème hebdomadaire des Impromptus)

08.10.2009

Femme tortue

louise-bourgeois-femme-maison.sculptée.jpg

Femme tortue

Je porte en dedans de moi

Tout ce qui me tue

Et je suis aux abois

 

Car c’est à l’intérieur

Que se vit la crûe

Débordement des peurs

Et des « si j’avais su »

 

Mémoire millénaire

De la carapace

Qui suit la trace

Matrilinéaire

 

Mémoire ancestrale

Quasi magistrale

De celle qui fait souffrir

A défaut de servir

 

Indélébile marquage

Comme un tatouage

Aux contours boursouflés

Surinfectés

 

(sculpture de Louise Bourgeois)

06.10.2009

Souci

souci.jpeg

Un beau matin promis

J’irai cueillir la fleur de ton souci

La planterai ici ou là

Dans un parterre de camélias

 

Et par une douce nuit

Je m’endormirai loin d’ici

Sans un mot sans un bruit

Tu oublieras que j’ai pu être ton amie

 

(photo de souci prise sur ce site où sont expliquées aussi les propriétés médicinales du calendula officinalis, entre autre une action apaisante pour la peau....)

02.10.2009

Sous le chapeau

chapeau-miss-protocole.jpg

Je travaille du chapeau

J’ai mis les idées sous cloche

Ai tiré le grand rideau

Et bien fermé ma poche

 

Comme la mouche du coche

Je bourdonne bien trop

Remuant des pensées moches

De celles qui font froid dans le dos

30.09.2009

Artistes maudits

rimbaud-par-ernestpignon.jpg

Poètes bien ou mal léchés

Peu ou prou ébréchés

Les artistes maudits fascinent

 

Dans leurs contours fumeux se dessinent

De sombres paradis

Aux mystères interdits

 

Crée-t-on mieux dans le malheur

Dans la misère et la détresse

Les mots sont-ils plus racoleurs

 

Y a-t-il du panache dans l’ivresse

Ou seulement de la puanteur

Et de la bassesse

 

Ai-je besoin d’un coup d’folie

Pour à coup sûr avoir du génie

Serais-je crédible

 

Si je ne pète pas de fusible

Si je ne me prends pas pour un chien

Et ne hurle pas pour rien

 

J’ai l’audace de penser que oui

Même si je suis ignorée

Dans ce que j’écris

28.09.2009

Dialogue

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Un Blog ????

 

- Et t’as jamais eu envie de créer ton propre blog ?

Enfin, moi, ce que j’en dis…. 

-  Mais non, ce n’est pas pour moi, pff……Ca ne va pas non !

Non, non, j’aime bien lire les blogs, parfois m’en moquer même, m’y glisser, y fureter, intervenir rarement, ou chez de rares exceptions….mais de là à en faire un…. 

Tiens, j’en ferais bien un à plusieurs…ou à pas beaucoup…ou à deux….

- Mais, qu’est-ce que tu racontes, ça se fait à tout seul un blog ! C’est pas un collectif, ou un club privé ! Ca s’appelle un forum, sinon, ton truc !

- Les forums, parlons-en ! J’essaie d’être membre d’un forum professionnel où il faut montrer patte blanche. Mais dès que ma patte est acceptée, cela me referme la porte dessus. Car mon mot de passe ne me permet que d’entrer dans l’antichambre, et personne n’y comprend rien, même pas le webmaster !!!!

J’ai même peur qu’Il ne fasse une analyse du signe que ça représente de pas tout à fait pouvoir rentrer, de vouloir et de pas pouvoir, à mi chemin entre le désir, la concrétisation, et l’autorisation, comme quelque chose d’inachevé, tu vois…. 

- STOP !!! Tu délires, là ! C’est sûrement juste une bête histoire d’incompatibilité technologique entre la faisabilité du machin, et ton navigateur, leur protection, et ton pare-feu !

- Ah bon, tu crois ? 

- Mais, oui, mais oui….c’est souvent comme ça avec les ordi, ça ne marche que quand ça veut. C’est pas nous les chefs, tu sais !

- Ah bon….  redis-je, l’intelligence réduite à un infâme yaourt aux fruits (beurk !).

- Bon, ben, je ne ferais pas de blog, ça m’énerverait trop si ça ne marchait pas ! Pas envie de devoir gérer une frustration de plus, non mais. J’ai autre chose à faire…..

 

 No comment !

 

(J’ai écrit ce texte le 29 octobre 2006 : 2 semaines plus tard j’envoyais mon premier texte aux Impromptus de l’époque, 2 mois supplémentaires j’entrais dans l’administration de ce même site, un mois de plus j’ouvrais mon premier blog, parallèlement je participais à un blog collectif d’auteurs créé par Wictoria, et l’année suivante j’ouvrais un deuxième blog personnel…comme quoi il ne faut jamais dire « fontaine je ne boirais pas de ton eau ! »

aujourd'hui je le publie en réponse à la consigne hebdomadaire des Impromptus !)

25.09.2009

Nous avançons voilé

amantsMagritte.jpg

Tout le monde y pense

Les hommes, les anges, les vautours

Y a plus de distances

Personne qui ait les bras trop courts

 

Drôle de cadence

Dans cette vie sans détour

C’est presqu’une offense

Que ce rythme gris qui sourd

 

Ma vie réverbère

Tambourine bon an mal an,

Vogue sur les mers

En allers-retours lancinants.

 

Où est mon repère

Dans ce monde désincarné

Je suis amère

Malgré mes recherches acharnées

  

Tout le monde s'y perd

Les hommes, les femmes, les années

Si passionnés,

Va-et-vient de grisés enfers

 

Bateau balance
Sur une mer sans glamour
Pas de prudence
Quête du bonheur du jour

 

Gare aux vautours,

Aux anges, aux hommes affamés

Des  mots d’amour

Qu’à distance nous avons partagés.

 

(idée lancée par Tétrao, il fallait à plusieurs poursuivre la première strophe de la chanson de Francis Cabrel "Tout le monde y pense", alors par ordre d'écriture des strophes : Cabrel, Tisseuse, Tétrao, Hélène, Laure-H, Berhed, et Perfecta, lui donner ensuite un titre et trouver une illustration : ici "Les amants" de Magritte)

23.09.2009

Ma poésie maison

maisonchagall.jpg

Je vis ma poésie maison

Assez souvent en somme

Dès lors que la raison

Peu à peu se gomme

 

Ses bases sont étranges

Car elle vit aérienne

C’est peut-être ce qui dérange

Les voies trop cartésiennes

 

Je campe avec bonheur

Cette drôle d’humeur

Qui fait de ma demeure

Un champ de rêveur

19.09.2009

Perdu

noeudmarin.jpg

Père dû

Perdu dans un temps

Différent

Et mu

 

Par un autre courant

Que celui-ci connu

Mettre les pas dans les grands

Retrouver les contes et les rendus

 

De folles herbailles

Envahissent l’espace

Profitent des moindres failles

De toutes les crevasses

 

Tentation de laisser la mémoire

Effacer certaines traces

Que s’estompe l’histoire

Grand bien nous fasse

 

Mais l’oubli n’apaise pas

Mon cerveau fiévreux

Qui mène combat

Afin de trancher les noeuds

16.09.2009

Pianola

lesbasdu piano.jpg

Sur les hauts du piano

Sur les bas du pianola

Je fais jouer mes doigts

Je fais jouer l’émoi

 

Pour affoler le la

Pour effeuiller le fa

Je donnerais n’importe quoi

Et déroulerais la soie

 

En noir et blanc

Un laqué élégant

Ambiance si jazzy

So sexy…jouons l’ami

14.09.2009

Un soir à Lisboa

JoséMunoz.jpg

Ses doigts effilés

Aux ongles soignés

Caressaient doucement l’air

Délétère

 

Que faisait-elle là

Dans le vieux Lisboa

Accoudée à ce comptoir

Pas si loin du trottoir

 

Comment avait-elle échoué

Dans ce lieu asséché

Où des types désoeuvrés

Venaient la reluquer

 

Attirée par un latino

Tout brun et tout chaud

Qui l’avait plantée là

Un soir à Lisboa

 

Elle caressait son verre

Et sans avoir l’air

Maudissait la terre entière

De l’avoir mise dans cette galère

 

(illustration BD de José Munoz, texte écrit pour le thème hebdomadaire des Impromptus)

12.09.2009

Chercher le mot

ecrire-_deborah-chock_.jpg

S’entêter sans répit

Revenir jusqu’à la folie

Sur un mais sur un si

Jusqu’à ce qu’il puisse être dit

 

Rechercher le mot sûr

Mener cette quête pure

Pourvoir le justifier

Le décortiquer, l’expliquer

 

Caresser le son

Ajuster le ton

Trouver l’intonation

De la phrase et de sa raison

 

Avoir ses préférés

Même s’ils sont désuets

Les savourer

Comme autant de bonbons surannés

 

Aimer les retrouver

Au détour d’un poème

Et  tenter avec un seul diamant

D’édifier un diadème

 

(l'illustration est de Deborah Chock)

10.09.2009

Voix intérieure

est le nouveau texte publié sur mon autre blog : L'arbre à liens ! Ecrit d'après une idée de thème lancé par Tétrao

09.09.2009

Le pays des ancêtres

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J’émerge ensommeillée

D’une vision troublée

Ambiance mouillée

Moiteur ensablée

 

Je suis hissée

En lisière de marais

Bizarrement juchée

Au sommet d’une main lassée

 

C’est le pays des ancêtres

Le no man’s land de l’être

La boue des origines

Où poussent mes racines

 

Glaise d’incarnation

Hors des traditions

Sculpture d’introspection

Mais sans affliction

 

Mon arbre est bien planté

Depuis tant et tant d’années

Il ne craint pas l’inondation

Des émotions

 

(texte écrit en résonnance de la proposition de jeu d'écriture de Sarah Frane d'après cette photo, et du thème hebdomadaire des Impromptus "Contrée imaginaire")

07.09.2009

Ainsi naît la vie

pyramide_verre.jpg

La brillance du premier matin du monde

Se propage dans mon cœur et l’inonde

De son rayonnement immense

 

Mon regard alors s’emplit

De toute l’essence

De cette beauté

 

Ainsi naît

La vie

05.09.2009

Dans mon paysage intérieur

Vladimir Kushpapillon.jpg

Le souffle évaporé

D’un papillon esseulé

S’est subrepticement posé

Dans mon paysage intérieur

 

Il a donné éphémère

Quelques battements dans l’air

Au rythme de mes paupières

Juste avant les pleurs

 

Puis s’est métamorphosé

En lumière irisée

En légèreté de fée

En audacieuse fleur

02.09.2009

Jeu de dupes

art chinois.jpg

Dessine-moi ta peine

Je cacherai ma déveine

Retourne le couteau dans ma plaie

Je clouerai ton effraie

 

C’est un jeu à qui perd perd

Un de ceux qui dessert

Tous les participants

Les plus errants

 

Je te laisse à tes manies

Je m’en vais sous la pluie

Je suis de glace ou de suie

Je me noie dans la nuit

 

C’est un jeu de dupes

Drapés de leur huppe

C’est un jeu à la noix

Bien trop chinois pour moi

31.08.2009

Toucher l'instant

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Toucher l’instant

Comme on goûte au présent

Toucher l’instant

Quelques doigts sur un clavier

 

Toucher le temps

S’inviter sablier

Goûter le vent

Devenir sourcier

 

D’une eau forte

Mise en mots

Hors d’une nature morte

A la recherche du beau

 

Toucher en grand

Si possible souvent

Retourner le champ

Vouloir écrire

 

Oser c’est dire

Remonter le courant

Et trouver le vivant

Dans des bourgeons de rire

 

(ce texte est écrit pour la consigne hebdomadaire des Impromptus)

27.08.2009

Chandelle morte

lampeàhuile.jpg
Ma substance est vide
Je n’ai plus d’appétence
Plus de mots dans ma panse
Je suis vide, vide

 

Ma chandelle est morte

Que le diable l’emporte

Au gré de mes fêlures fortes

Et de ma peine en cohorte

 

Je demeure labourée

Par un soc de dureté

Un acier détrempé

Par l’usure des années

08.08.2009

Troisième pause

A partir d'aujourd'hui, juqu'au 25 août, je n'ai plus de connexion internet (ou alors très épisodique). Je vais être dans un gîte rural dans le Pilat, à proximité de Saint Etienne. Là où j'espère que les forêts de sapin de mon enfance vont m'accueillir et me délasser, avec leurs senteurs, leurs ombrages, leurs sentes à champignons et à mûres.

A bientôt à tous !

07.08.2009

Ecrase torpeur

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Drôle de chaleur

Ecrase torpeur

Je m’enroule dans la léthargie

De l’oubli

Je sens la moiteur

Des fortes senteurs

Je m’enlise dans une inertie

Infinie

Le jour est lueur

La nuit est sueur

Elle m’emmène petit à petit

Dans l’insomnie

06.08.2009

Célébration

En ce jour de la Transfiguration, je dis une nouvelle fois au revoir à ma mère, avec ce chant qu'elle aimait et qui sera en accueil de la cérémonie :

http://www.youtube.com/watch?v=suZ4IYVLZbU

02.08.2009

Le passé décomposé

Pierre de WiessantRodin.jpg

Le passé décomposé

S’est drapé

D’un linceul blanc

Confondant


Sous la gangue de terre

Le sang perle dans les artères

De l’être exténué

Déchiré


Il serre au fond de lui

La vie qui le fuit

Petit à petit

Le laissant démuni

28.07.2009

Le souffle ténu

Guetter le souffle

Ténu

 

Tenter de lire

Le moindre regard

Entre deux pauses au hasard

Espérer que vienne la paix

Sans que se vive le pire

Dire l'amour

Et laisser les regrets

A présent sans recours

Jusqu'à l'instant suspendu

Du dernier soupir

19.07.2009

Pause à nouveau

Je repars une semaine du fait de l'aggravation des problèmes de santé de ma mère.

J'essaierais de venir vous lire de temps en temps, si je trouve quelques minutes chez mes amis. A bientôt à tous !

15.07.2009

Mer sirène

Olbinski_sirène.jpg

Je suis sous le vent

Et l’instable

Souffle de la mer

Soulevant

A chacun de mes pas

Des envolées de sable

Se met en travers

De ma progression

Sapant mes fondations

Bien éphémères

 

Point de silence

Mais la persistance

Du lancinant soupçon

Du manque d’amour

Depuis toujours

Comme un hameçon

Fiché dans ma chair

De sirène

Femme phalène

Bien trop humaine

 

(ce texte a été écrit pour le thème hebdomadaire des Impromptus)

11.07.2009

Petite pause

le-vieux-port-de-la-rochelle.jpg
A défaut d'avoir pris des places de spectacle aux Francofolies de la Rochelle, je vais aller humer cet air là, manière de me ressourcer un peu : océan, musique, farniente et feu d'artifice au programme !
A bientôt, et bon week-end du 14 juillet à tous ! Je vous donne rendez-vous aux alentours du 15 juillet :o)

09.07.2009

Blues vipère

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Amer

Le goût de la mer envahit ma bouche

Impression d’hiver en plein été me couche

Comme un blues vipère

 

Rampe et s’insinue

S’infiltre dans des douleurs inconnues

Se tenir à distance

De cette chose qui avance

 

Comme un fiel

Poison sous couleur miel

Hypnotique danse de glace

Pierre qui se fracasse

 

Fragments de rochers épars

Comme une vie livrée au hasard

Ramasser ce qui est en creux

Ce qui reste ou si peu

08.07.2009

Pleure mon dépit

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Chante ma vie

Dans mes veines c’est musique

 

Cours ma folie

Dans mon être c’est tragique

 

Danse ma jolie

Dans mes pas c’est rythmique

 

Pleure mon dépit

Dans mes yeux c’est cynique

06.07.2009

Proverbe

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Ce qui est passé a fui ; ce que tu espères est absent ; mais le présent est à toi. (Proverbe Arabe)

 

Le passé se conjugue trop souvent

Aux souffrances qu’il laisse aux vivants

Il s’est enfui

Et n’existe plus que dans notre ennui

Son existence se nourrit

De ce qui nous pourrit la vie

 

Le futur est un virtuel

Bien léger dans notre escarcelle

Construction

De nos projections mentales

Il entre en conjonction

Avec nos pensées bancales

 

Mais le présent est à toi

Fais en un met de choix

Agrippe le à tour de bras

Et quoi qu’il en soit

N’y regarde pas à deux fois

Croque le à tout va

 

(texte en réponse à la consigne hebdomadaire des Impromptus)

01.07.2009

Sans défense

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D’évidence

Presque un peu d’indécence

A se retrouver sans défense

 

Armure abattue

Un cœur fragile et nu

Vulnérable

A la limite du supportable

 

Comme une césure dans le vivant

Un « à quoi bon » désolant

D’une lutte instinctive

Saisie de balbutiements

 

La source si vive

Serait-elle tant faillible

Finalement